Stratégie marketing pour 2012

La triangulation : emprunter les idées de l'adversaire pour lui couper les ailes. O.Besançenot sur l'immoralité de la droite ; F.Bayrou sur l'Etat moderne et l'entreprise ; N.Sarkozy sur l'insécurité et l'identité.
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Création d'une lovemark : établir un lien émotionnel entre le candidat et son électorat fondé sur le respect (compétence), l'amouru (discours d'amour), la sensualité (présence de personnes au physique sympathique à ses côtés), le mystère (maintenir des zones d'ombres dans sa vie privée).
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Ne pas reproduire l'erreur de marketing de S.Royal en 2007 : croire à la fin du manichéisme, à la fin du machisme. En 2012, brimés et usés par une politique de "casse" de la droite, les Français rêveront d'un retour à la lutte pour la liberté et resteront majoritairement machistes (le femme en politique reste "la putain, la mauvaise mère, l'hommasse, la naïve").
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Les 7 commandements de Ségéla : surfer sur l'actualité (voire la créer) ; jouer sur l'émotion ; chérir le net (ségosphère...) ; provoquer le désir ; développer la communication virale (bouche à oreille) ; vénérer le développement durable ; adorer la création.
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Donner à manger aux sondeurs en commandant de nombreux sondages : ce sont eux qui orientent les analyses politiques des journaux. Choisir 1 ou 2 instituts de sondage dont les directeurs sont médiatisés (mais non conquis par la droite) et leur commander massivement des sondages, afin de s'assurer de leur soutien en public.
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Monter N.Sarkozy comme un "despote" : "il travaille volontier à leur [les hommes] bonheur, mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre". Tocqueville.
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Ne pas oublier la "hiérarchie des inégalités" selon les Français : 1-Inégaliés devant l'emploi ; 2-Inégalités devant les Soins ; 3-Inégalités devant le logement ; 4-Inégalités devant les revenus ; 5-Inégalités ethniques.
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Montrer aux séniors que la "France socialiste", c'est en fait la "France des retraités" : Creuze, Correze, Cantal, Dordogne, Lot, Aveyron, Lozère, Tarn, Landes, Gers, Ariège, Pyrénnées Orientales, Charente, Nièvre.

Rendre à la Gauche son identité en désignant ses ennemis.

L'identité de la gauche, la vraie, repose en France sur la conviction tripale que la droite et les "riches" sont foncièrement immoraux.
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Le PS est donc amené à déployer ce discours de "l'immoralité de la droite et des nantis", afin de renouer avec son identité originelle de gauche et ainsi restaurer le clivage gauche/droite.
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Voilà l'énnemi : rentiers, spéculateurs, profiteurs fiscaux (assistanat fiscal), pollueurs-profiteurs, grandes entreprises, grandes médias.
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Charge contre les rentiers : la droite est la parti de l'oisiveté. Qui a le plus profité de la politique fiscale et économique de Sarkozy ? Le rentiers fonciers, les grands groupes et leurs grands patrons, ces capitalistes sans profession, ces bourgeois improductifs, ces parasites bien portants, ces paresseux.
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Charge contre les spéculateurs : la politique économique de la droite, c'est l'argent pour l'argent. Le spéculateur, voilà l’ennemi public numéro un, le principal responsable de la hausse des matières prix, de la hausse des matières premières, de la folie du capitalisme. Ils l'avouent eux-mêmes ! Michael Masters, financier américain, l'avoue : « Est-ce que les investisseurs institutionnels contribuent à l'inflation alimentaire et de l'énergie ? Ma réponse est un oui franc. Ceux-ci sont un facteur, si ce n'est le principal, affectant les prix des matières premières».
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-Charge contre les profiteurs fiscaux : la fraude fiscale atteint 40 milliards d'euros dans notre pays. C'est 2% de notre PIB. C'est le délit qui fait, financièrement, le plus de victimes en France comme l'atteste la Cour des Comptes. Les coupables ne sont pas les petits contribuables, ce sont les grandes entreprises ! La fraude à l'Impôt sur les sociétés et la TVA s'élève à 20 milliards d'euros ! La fraude sociale à l'URSSAF est inadmissible ! 75 milliards de cotisations sociales ne sont jamais contrôlées car il n'y a pas de vrai corps d'inspection. Et ce ne sont pas les micro-réformes de la droite qui ont changé la donne ! L'évasion fiscale n'est pas un manque à gagner, c'est un crime ! L'évasion fiscale vole aux peuples du monde entier plus de 7 000 milliards d'euros par an, plus de 3 % du PIB mondial ! Seule la Gauche aura le courage de renforcer les dispositifs de contrôles, mais surtout de prendre les sanctions pénales qui s'imposent.
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-Charge contre les pollueurs-profiteurs : combien de temps encore, l'inertie de l'Etat face aux pollueurs profitera aux entreprises qui détruisent notre environnement ? Combien d'entreprises la droite a-t-elle laissé prospérer au nom du tout puissant marché, alors qu'elles dissimulent des pratiques polluantes illicites, alors qu'elles enfreignent impunément les normes environnementales ? En l’absence de pénalités financières, les entreprises polluantes gagnent des parts de marché alors qu’elles se soustraient à leurs obligations de protection de l’environnement. Je dis tolérance zéro contre les polllueurs-profiteurs ! Seule la Gauche aura le courage de poursuite les pollueurs-profiteurs, de contrainte ces entreprises a payer le prix de leurs destructions pour financer une véritable politique environnementale !
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-Dénoncer le rapport des grands patrons des médias avec la politique, l'armement et les travaux publics.
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-Dénoncer l'ampleur des recettes de publicité.

Comprendre le "bon sens" de la droite et brouiller les pistes



D'après "Présidentielle 2012, Vague de fond ?" (juin 2008) de P-P.Kaltenbach (ENA, Cour des Comptes, protestant).
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1-La diabolisation de Mai'68.
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Mai'68 a secoué les habitudes de vie dans lesquelles la France était engoncée depuis la libération. Politiquement, il a annoncé la fin du gaullisme et du communisme. Socialement, il a mis à l'ordre du jour la recherche du temps libre et de l'épanouissement personnel. Moralement, il a renversé l'ordre patriarcal traditionnel. Idéologiquement, il a mis en questions les valeurs héritées du nationalisme.
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Mai'68 a enseigné l'irresponsabilité à une génération indulgente qui n'a transmis à ses enfants que le refus de l'autorité, assimilée à l'arbitraire. Ce sont les "papas potes" et les "mamans copines". La famille cocon, la famille protection, la famille indulgente, devient l'inverse de la famille comme constitution de soi, comme engagement des générations, comme distinction. Elle est en question parce que la famille devient un refuge, un asile.
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Conséquence : une "fracture familiale". Pour rétablir l'équilibre familial et le respect de l'autorité, il faut que les parents et l'école "organisent la frustration et l'interdit".
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De plus, il existerai une "demande d'autorité", qui monte de tous les milieux y compris des jeunes de banlieue qui, désespérant d'être entendus de l'Education Nationale, confient leur malheur et leur revendication aux médias.
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La disqualification de l'autorité et de la compétence des dirigeants a conduit les français à la volonté de restauration de l'effort et de l'autorité, remettre les chômeurs au travail, aider les parents à recadrer les enfants. Il faut rendre à la famille le rôle d'institution juridique porteuse de valeurs.
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De plus, la "génération 68" a inventé une nouvelle espèce d'intellectuel : l'intellectuel médiatique dont le ton prédicant se révèle insupportable. C'est un élément non négligeable de la crise de confiance générale (haine de BHL).
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2-La dénonciation des corporatismes
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Le corporatisme consiste à octroyer des droits sociaux associés au statut à la profession.
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L'interventionnisme étatique nourrit des avantages particuliers accordés aux groupes qui parviennent à imposer leurs exigences, souvent au détriment du dialogue social.
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3-Le procès de la gauche.
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Le socialisme "à la française" perd sur les deux tableaux : refus du dialogue social et de la transparence altèrent l'efficacité économique et la légitimité démocratique.
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Selon D.Lindenberg, la droit fait 8 procès à la Gauche : culture de masse, liberté des moeurs, rôle des intellectuels, "droits de l'hommisme", société métissée, Islam, égalité.
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Il existe un conflit d'ambition entre la "Génération Mitterrand" (Chevènement, jospin, fabius, mauroy, emmanuelli, DSK, aubry, guigou, vauzelle...) et la "Génération Ségolène" (Bianco, Dray, Peillon, Rebsamen, Montebourg, Valls...).
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Pour la Gauche, s'interroger sur certaines questions "morales", c'est le début de l'ordre moral, celui de Vichy et des cathos...

La Gauche et les classes moyennes : les raisons d’un divorce

1-Contexte : la « classe moyenne » qui fit la victoire socialiste de 1981 est désormais scindée en deux groupes : les « espérants » et les « menacés ».
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Le thème du déclin de la classe moyenne, ou de son « éclatement », renvoi à l’idée d’une polarisation entre un haut et un bas de la hiérarchie des revenus, une division entre insiders et outsiders. En atteste les succès des thèmes de la fracture sociale (Chirac, Ghénau) et de l’opposition entre la France d’en haut et celle d’en bas (Raffarin).
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Plus concrètement, il s’agit de d’opposer ceux qui profitent de « l’économie de la flexibilité » aux laissés pour comptes de ce nouveau capitalisme. En d’autres termes, un clivage idéologique oppose ceux qui « vivent de l’intérieur les transformations du capitalisme » et ceux qui « ressentent les évolutions économiques comme des agressions ».
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Cet éclatement de la classe moyenne semble désormais se traduire à travers l’opposition entre un segment « espérant » et un segment « menacé ».
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Or, il est probable qu’aucun des deux segments ne se reconnaisse dans la gauche actuelle, expliquant le succès de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy au sein des classes moyennes.
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NB : Nous excluons de l’analyse, les Agriculteurs, Artisans, Commerçants et chefs d’entreprises moyennes, dont le vote va, à plus de 80%, vers la droite ; représentant ainsi près de 2 millions d’électeurs.
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2-Pourquoi les classes moyennes n’ont pas massivement voté PS en 2007 ? Une partie des « espérants » ont voté Bayrou ; une partie des « menacés » ont voté Sarkozy.
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a-Le segment « espérant » apparaît davantage centriste que socialiste.
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Les « espérants » se situent est dans une phase d’accumulation de capital social et financier, leur permettant d’espérer une meilleure condition sociale.
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Certes, ils adhèrent à l’idéologie du progrès. Certes, ils reconnaissent les vertus de l’action collective et du syndicalisme. Certes, ils votent pour les partis qui tiennent un discours de promotion collective. Certes, ils composent la classe « libérale culturelle » ou encore « socialement ouverte ».
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Néanmoins, ils préfèrent soutenir le « réformisme tempéré » du Centre, que la Gauche sociale. En effet, les « espérants » se distinguent du prolétariat par la possession d’un patrimoine (logement, commerce, diplôme). Leur désir d’accéder aux strates supérieures (aspiration à la promotion sociale) les conduit à des dispositions ascétiques (épargne selon P.Bourdieu) et un acharnement au travail (horreur de l’oisiveté, la France qui veut pouvoir travailler plus pour gagner plus), ainsi qu’à un refus de se confondre avec les classes populaires.
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Dès lors, dans leur quête d’accumulation de capitaux, les « espérants » ont une vive conscience de la fragilité de leur statut social dans un contexte de croissance atone. Ce sentiment se traduit électoralement par un positionnement au centre droit (malgré leur adhésion à l’Etat redistributif, ils refusent le conflit social) dont VGE a su profiter (VGE, « Deux Français sur trois », 1984). Les « espérants » se sentent ainsi menacés par une Gauche qui leur apparaît plus favorable aux classes populaires et aux précarisés.
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Une importante partie des « espérants » constitue donc un électorat de centre droit. Politiquement, en 2002, 44% de ceux qui se sentent appartenir à la classe moyenne ont voté pour la Gauche, 40% pour la droite et 17% pour l’extrême droite. Considérant qu’en 2007, F.Bayrou a pioché 25% de son électorat au PS et 25% à l’UMP, on peut considérer que près de 50% des « espérants » sont tentés par un vote centriste.
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On peut donc comptabiliser : 50% des professions intermédiaires = professions intermédiaires de la santé, de l’enseignement et de l’administration [instituteurs, infirmiers, agents de catégorie B], professions intermédiaires administratives et commerciales de l’entreprise, des techniciens et contre-maîtres. On compte ainsi 3 millions d’électeurs centristes potentiels.
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Chiffre auquel on peut désormais ajouter près de 40% des cadres, qui opposent de moins en moins la gauche à la droite, et alimentent l’électorat centriste. Leur valeur centrale : l’universalisme, (acceptation des immigrés, acceptation de la mondialisation, soutien de l’Europe). Ils représentent donc 1,5 million d’électeurs potentiels.
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Parmi les espérants, ce sont donc 4,5 millions d’électeurs « centristes » ; 3 millions restant soutenant la Gauche et 1,5 millions la droite.
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b-Le segment « menacé » apparaît fortement tenté réactif au discours sarkozien.
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Le segment « menacé » ne cesse de croître : 50% des ménages ont un revenu inférieur à 2000€ et leur nombre ne cesse de croître.
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Les « menacés » assistent à la chute du projet de « progression » porté par les classes moyennes.
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Ils sont désormais en proie aux gesticulations paniques de la déroute : n’adhérant plus à l’idéologie du progrès, ils cèdent à celle du déclin, ils sont "désespérés".
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Néanmoins, malgré la dégradation de leurs « conditions sociales », elles n’entendent pas dans les programmes socialistes de 2002 et 2007, la réponse à leurs attentes. Car, si les classes moyennes se sentent menacées par « l’insécurité sociale » produite par la mondialisation qui fragilise leur condition salariale, elles refusent l’accroissement des impôts nécessaire qui taxent leur patrimoine, pour mener une politique sociale soucieuse des exclus dont ils ne font pas partie.
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En effet, les « menacés » se considèrent comme les « oubliés » de la modernité, et refusent que les exclus profitent de la redistribution qu’ils appèlent de leurs vœux. Les « menacés » se dressent donc contre la « France invisible » des exclus et expriment leur mécontentement face à un Etat providence qui se tourne plus spécialement vers les plus démunis.
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Dès lors, ils entrent dans une révolte méritocratique, convaincus d’être en droit de demander des comptes à la société et surtout à l’Etat qui ne récompense pas suffisamment leurs mérites (trop d’impôt, trop de fonctionnaires, trop de dettes…).
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Dans le même temps, ils montrent du doigt « l’oisif » (chômeur, Rmiste, rentier, fonctionnaire, artiste, immigré) comme le responsable de la crise sociétale de la France. Bref, ce sont les travailleurs (la France qui se lève tôt), qui s’opposent aux rentiers et aux oisifs (chômeurs…).
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Ceci les conduits vers le « repli sur soi ». Afin de se distinguer des classes populaires, ils sont près à sacrifier les personnes et quartiers les plus en difficulté pour sauvegarder leur situation. La stigmatisation des "corporatismes", des "exclus" et des "immigrés" fait ici recette.
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Les menacés constituent donc une nouvelle manne de voix pour la « droite décomplexée ».
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Néanmoins, les seuls facteurs sociaux n’expliquent pas le divorce, patent en 2007, entre les « menacés » et la Gauche. En 2007, N.Sarkozy a profité de la progression des cripsations sociales liées à un nouveau clivage idéologique, opposant l'UNIVERSALISME à l'ANTI-UNIVERSALISME.

L'Etat en Mouvement

D'après l'interview de M.Sapin dans "Acteurs Publics n°45".
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Il faut mettre en mouvement l'administration de l'Etat. L'idée de droite du "non remplacement d'1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite est un principe dogmatique : la réforme uniquement pour faire des économies est vouée à l'échec. L'obsession budgétaire est en train de tuer l'esprit de réforme et l'esprit de dialogue social en faisant, de toutes façons, ce qu'il a décidé de faire. La RGPP, appliquée à tout et n'importe quoi, est extrêmement dommageable.
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Il nous faut un grand ministère de l'Administration de la République qui chapeauterait les Préfets, l'administration territoriale, la décentralisation, la fonction publique et la réforme de l'Etat. On ne défend bien l'Etat que si on le met en mouvement.
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Il faut maintenir le statut des fonctionnaires : il ne protège pas seulement le fonctionnaire mais aussi l'usageer. La neutralité de la fonction publique est fondamentale. Le statut reste la seule garantie de cette neutralité.

Liquidation du MODEM (2) : le front européen


La majorité des grandes figures du MODEM sont élus au Parlement Européen, ce qui conforte l'image de « Parti Européen » du MODEM.
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Actuellement, les rangs du MODEM comptent 7 députés européens. Parmi eux, le marseillais Jean-Luc BENNAHMIAS, la parisienne Marielle DE SARNEZ, ainsi que le directeur de cabinet de F.Bayrou Bernard LEHIDEUX et la caution « écolo » du MODEM : Corinne LEPAGE.
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1-Selon « La lettre de l'expansion », les futures échéances électorales européennes sont cruciales pour le MODEM qui compte « se refaire » dès 2009.
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Or, les prochaines élections qui se dérouleront en Juin 2009, sous la réglementation europenne adoptée lors du traité de Nice, conduisant à une réduction du nombre de sièges Français au Parlement européen de 78 à 72, soit 6 de moins.
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Actuellement (décret n°2004-396 du 6 mai 2004) le nombre de sièges par circonscription s'élève à 12 pour le Nord-ouest, 10 pour l'Ouest, 10 pour l'Est, 10 pour le Sud-ouest, 6 pour le Massif central-Centre, 13 pour le Sud-est, 14 pour l'Ile-de-France et 3 pour l'Outre mer.
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Considérant le mode de scrutin de ces élections, le choix des têtes de liste se révèle essentiel.
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Le mode de scrutin modifié en avril 2003 (un an avant les élection européennes de 2004), reste a priori en vigueur. Aux termes de la loi : « le scrutin s'effectue par listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel, en un seul tour, dans le cadre de 8 grandes circonscriptions. Les sièges sont répartis entre les listes ayant obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés. Ils sont attribués selon l'ordre de présentation sur la liste.
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Le MODEM table donc sur le duo « De Sarnez-Lehideux » en île de France ; O.Henno serait présenté dans le Nord-Ouest ; Nathalie Griesbeck (Alsacienne) est attendue dans l'Est ; J-L.Benhamias dans le Sud-Est ; Anne Laperrouze dans le Sud-Ouest. Rappellons que Thierry Cornillet a plus ou moins rejoint l'UMP.
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2-Considérant que 6 sièges sont à éliminer dans les circonscriptions, le rédécoupage électoral peut être pensé au détriment du MODEM.
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On constate que le MODEM ne présente aucune « figure historique » dans les grandes circonscriptions de l'Outre-Mer, du Massif-Central-Centre et l'Ouest.
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Il s'agit donc de maintenir le nombre de sièges dans ces circonscriptions pour le réduire dans celles ciblées par le MODEM. Dans cette perspective, il apparaît plus légitime de cibler les circonscriptions les mieux dotées en nombre de sièges : l'Ile-de-France (-2) ; le Sud-Est (-1) ; le Nord-Ouest (-1) ; l'Est (-1) ; le Sud-Est (-1).
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3-En matière de politique électorale, il s'agira d'attaquer le MODEM là où il est faible.
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Inutile de se dépenser face à Marielle de Sarnez ou Corinne Lepage : leur popularité est un gage de réussite potentielle
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Dès lors, peut-on repenser le choix de certaines têtes de listes, afin de confronter aux « stars » du MODEM des stars du PS.
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Par ailleurs, nous pourrons profiter de l'accroissement du nombre de partis centristes (NC, UDF) et « socialo-sarkosistes » (Progressistes de J-M.Bockel, mouvement de E.Besson) pour voir une dispersion des voix MODEM et son affaiblissement.
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Enfin, nous pourrons profiter de cette campagne électorale pour « cliver » le débat sur l'Europe, accusant le MODEM et l'UMP de vouloir « faire l'Europe sans les européens ».

Le PS fait son aggiornamento : la nouvelle déclaration de principes.

Bâtir un monde nouveau et meilleur, respectant la dignité de la personne humaine et assurant la sauvegarde de la planète est la tâche première des socialistes.
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Sa nature est «d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ». (On peut aussi dire : "mettre le réalisme économique au service de l'idéal social").
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L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure.
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L’idée socialiste porte un message universel (ou universaliste).
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La redistribution des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, réduire les écarts de condition et combattre la pauvreté.
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Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles.
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Le progrès, synonyme d’amélioration des conditions de la vie humaine, est une valeur fondamentale. Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. Le progrès économique et social doit être apprécié à l’aide d’indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence.
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Être socialiste, c’est penser que les femmes et les hommes décidés à agir ensemble peuvent influer sur l’évolution de leur vie, de leur société et du monde. Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative forment un tout.
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Les socialistes portent une critique du capitalisme financier créateur d’inégalités, facteur de crises, et de dégradations des équilibres écologiques.
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Les socialistes sont partisans d'une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux en combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace et un tiers secteur d’économie sociale et solidaire.
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Certains biens et services ne doivent pas relever du fonctionnement du marché quand ils concernent les droits essentiels.
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Les socialistes défendent un nouveau modèle de développement qui conjugue croissance, innovation, impératif écologique, création d’emplois et protection sociale.
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Le travail est un droit fondamental, un moyen d’insertion, de reconnaissance et d’émancipation. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie et un droit à la santé au travail. (pour la droite, le travail est un devoir, pour la Gauche il devient un droit).
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L’État social permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. Il privilégie l’investissement productif au détriment de la rente et de la spéculation (l'ennemi : le rentier et le spéculateur), il assure une protection contre les risques sociaux, il repose sur une redistribution assumée, il doit garantit la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle.
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Lutter pour la paix, la sécurité collective, le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence.
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La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde (N.Sarkozy nuit à notre image), oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable.
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Le Parti socialiste est un parti laïque. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes, les intégrismes, et les sectarismes.
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Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il entend exercer les responsabilités de gouvernement, à tous les niveaux, afin de changer la société. Il porte un projet de transformation sociale radicale. (Gouverner ne veut pas dire renoncer a son projet de transformation. Au contraire : c'est le seul moyen de le réaliser).
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Le Parti socialiste est féministe.
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Le Parti socialiste est un parti humaniste, il condamne la marchandisation du corps humain et du vivant. Il combat toutes les atteintes à l’intégrité et à la dignité humaines.
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Le Parti socialiste est un parti décentralisateur. Il veut allier la présence d’un Etat régulateur à une démocratie locale vivante et innovante.
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Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Elle a pour mission de sanctionner mais aussi de contribuer à la prévention et d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.
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Le Parti socialiste met la culture et l’éducation au centre de ses valeurs. Face au danger de l’uniformisation et la marchandisation, la culture contribue à construire un monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. L’éducation et la formation décident de l’avenir de notre pays.
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Le Parti socialiste est un parti européen. Pour les socialistes, l'Union doit avoir pour mission d’assurer la paix sur le continent et d’y contribuer dans le monde, de favoriser une croissance durable et le progrès social, de conforter le rôle des services publics, de promouvoir la diversité culturelle. (et l'Europe sociale ?)
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Le Parti socialiste est un parti internationaliste. Il milite pour un ordre international juste et respecté, pour une coopération entre les peuples, pour une vraie politique de développement.
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Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il veut rassembler toutes les cultures de la gauche. Il appelle tous les hommes et toutes les femmes qui partagent ses valeurs à rejoindre ce combat.

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